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Du 17 au 20 mars aura lieu le septième Beirut Unisports Festival, qui rassemble sur les terrains de l’USJ les principales universités libanaises ainsi que quelques délégations de l’étranger. Un événement porté par une équipe de bénévoles dynamiques qui s’efforcent, en dépit de la conjoncture actuelle, d’en préserver la dimension internationale.

« On continue quand même ! » Cette phrase s’était imposée, au sein de l’équipe de bénévoles de l’USJ, comme le slogan de la précédente édition du Beirut Unisports Festival (BUF). 2015 avait en effet été marquée par une série d’attentats, menaçant le pays de basculer dans le chaos qui règne chez son voisin syrien. S’était alors posée sérieusement la question de l’avenir de cet événement, rendez-vous annuel non seulement des équipes universitaires libanaises mais aussi de quelques délégations étrangères. Au point d’envisager l’éventualité d’une délocalisation à Chypre…

La dimension internationale de l’événement est essentielle. Sans elle, le BUF ne serait en effet qu’une énième occasion pour les quelques équipes que compte le championnat universitaire libanais de se rencontrer. En outre l’USJ, dont les joueurs s’illustrent régulièrement dans des tournois du même type organisés en Europe, en Turquie ou encore à Dubaï, se fait un devoir de retourner l’invitation aux universités qui les accueillent. Et si possible de leur montrer qu’en matière d’hospitalité, le pays du Cèdre aura toujours une longueur d’avance ! L’enjeu est donc de taille : derrière l’événement sportif c’est une question à l’échelle nationale qui se profile, à savoir l’image que véhicule le Liban en matière de sécurité, sa capacité à rester malgré tout un pays attractif.

Les responsables de l’USJ semblent avoir pleinement conscience de cet enjeu. D’importants moyens matériels et humains – une véritable armée de bénévoles répartis au sein d’équipes aux responsabilités bien définies – sont ainsi mis au service d’un accueil impeccable des participants étrangers, pris en charge dès leur arrivée à l’aéroport. La compétition ne commencera en fait que le soir du 18 mars, les deux premières journées – ainsi que la dernière pour les équipes éliminées prématurément – étant consacrées à des visites culturelles et touristiques à travers le pays. Les équipes de bénévoles réalisent un travail énorme : « On s’occupe de A à Z de leur séjour », témoigne Léa Dahrouge, la responsable communication du Service du sport de l’USJ. Non contente de s’occuper de la recherche des sponsors et de l’organisation de l’événement en amont, la jeune femme, qui joue également pour la sélection de futsal, participe activement au bon déroulement du week-end. Tout est fait pour que les universités étrangères qui répondent à l’invitation soient conquises : il s’agit de contrer cette image négative du Liban mais également de « fidéliser le client ». Au vu de la « situation critique », l’USJ propose même parfois de prendre en charge une partie des frais du tournoi – l’hébergement par exemple –afin de faire tomber les dernières réticences de certaines universités à organiser le déplacement, par ailleurs plus coûteux qu’un voyage à l’intérieur des frontières de l’Europe.

Une stratégie qui semble porter ses fruits, à en juger par le noyau d’irréductibles qui reviennent chaque année. C’est le cas par exemple de l’université de Konstanz ; dans le Sport Info – le journal sportif annuel de l’USJ – de l’an passé Elise, une joueuse de l’université allemande, témoigne : « C’était ma deuxième participation consécutive à ce tournoi et ma troisième fois au Liban, mais ça ne m’a pas empêchée de me faire surprendre de nouveau par la gentillesse et l’hospitalité des Libanais. » Et la jeune femme de remercier « le Liban et plus particulièrement tous ceux qui aident à l’organisation de ce tournoi pour cette semaine de bonheur ! » « La meilleure de l’année », renchérit Roman, handballeur de Konstanz qui participait quant à lui pour la troisième fois et promettait déjà d’être au rendez-vous cette année encore. « Parce que le Liban est un superbe pays mais aussi grâce à la brillante organisation du staff », expliquait l’an passé cet inconditionnel du BUF, qui appréciait également le fait de pouvoir s’y faire de nouveaux amis, « non seulement de nombreux Libanais mais aussi des jeunes de Croatie, de Serbie, de Russie et même de Libye. » Les Serbes de Novi Sad et les Libyens de Tripoli seront eux aussi au rendez-vous cette année, tout comme les Slovènes de Ljubljana. Pour cette septième édition le défi du rayonnement international semble bel et bien relevé, donc. Gageons que le BUF a encore de beaux jours devant lui, et souhaitons lui longue vie !

Retrouvez le programme complet du BUF : – Sur le site du Service du sport de l’USJ – Sur la page Facebook de l’événement

Paul Jouanny