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En novembre dernier, lors d’une table ronde au Salon du Livre de Beyrouth avec l’Ambassadeur de France au Liban, Patrice Paoli, Marc Lambron, Didier Decoin, Alexandre Najjar et Nayla Tamraz, Tania Hadjithomas Mehanna présenta au public le projet de faire intégrer le mot beyrouthin dans les dictionnaires de français pour qu’il ne soit plus considéré comme une faute par les logiciels de frappes.

L’histoire pourrait être un conte intitulé « Tania et le mot que tout le monde disait mais qui n’existait pas ». Premiers constats : Beyrouthin existe dans la presse et la littérature de langue française depuis 1844, figure comme gentilé depuis 2013 dans tous les dictionnaires qui mentionnent la ville de Beyrouth dans les articles concernant la capitale libanaise, mais l’utilisation constante du mot et la présence telle qu’elle l’est actuellement dans les dictionnaires n’est pas suffisante pour les programmateurs de logiciel qui ne prennent en compte que les mots objets d’un article. L’exercice est donc de donner à beyrouthin une mention personnelle. Un projet impossible quand on a face à soi l’Académie Français, les Éditions Le Robert, et les Éditions Larousse, institutions parisiennes un peu mystérieuses qui restent nos éternels professeurs de français, et qu’on les interpelle depuis le Liban ? Mais voyons Beyrouth n’est pas impossible et l’impossible n’a jamais fait peur aux libanais !

Six mois sont passés. Qu’en est-il ? Première victoire : les Éditions Le Robert nous ont répondu par courriel du 28 avril qu’il feront intégration du mot dans la liste des gentilés en fin de volume de leurs prochaines éditions. L’adjectif ne leur semble cependant pas suffisamment pertinent pour justifier une mention.

Les Éditions Larousse sont toujours à l’étude sur la faisabilité du projet.

Concrètement qu’est-ce que cela change ? Pour l’instant rien, il faudra attendre les publications de 2017 des Éditions Le Robert pour avoir beyrouthin imprimé dans tous les volumes et CD-ROM. Les programmateurs des logiciels de frappes seront informés et procéderont alors à une mise à jour. Pour leur part ils le considéreront comme un gentilé et un adjectif, donc plus de surlignage rouge ou vert.

Et l’Académie française ? C’est plus compliqué. L’Académie consacre une année par lettre de l’alphabet, voir plus dans certains cas. Donc beyrouthin devrait y figurer dans … très, très, très longtemps ! Mais pour garantir son intégration, il faut que les dictionnaires usuels édités par des éditeurs privés le mentionnent et que nous continuons à nous mobiliser en signant la pétition dont un exemplaire est en ligne sur ce lien, et sa version papier à parapher se trouvera sur le stand de Tamyras du 15 au 17 mai à Paris à la Halle des Blancs Manteaux, ainsi que durant tous les événementiels auxquels participent les Éditions Tamyras.

Loup de Tenishev