Lancé en 2009 en collaboration entre le Getty Conservation Institute, l’Université du Delaware, le Metropolitan Museum of Art et la Fondation Arabe pour l’Image, le projet MEPPI (Middle East Photograph Preservation Initiative) a pour vocation d’aider les personnes impliquées dans la préservation d’archives photographiques dans la région MENA, ainsi qu’en Turquie et en Iran. L’initiative a depuis évolué et présente aujourd’hui de nombreuses facettes.

Le 17 novembre à AUB était organisée une conférence sur la photographie et la tradition orale. Elle faisait partie d’un atelier de deux semaines sur l’environnement et l’exposition de photographies, dédiées aux institutions, musées, centres d’archives, ainsi qu’aux conservateurs, collectionneurs, chercheurs, artistes, travaillant d’une manière ou d’une autre avec des archives photographiques. C’est le cinquième atelier de la sorte que les organismes associés organisent, depuis leur projet pilote en 2009, avec des professeurs estimés comme étant parmi les meilleurs photo-conservateurs du monde. Les cours portent sur le processus général concernant la préservation des photographies, que ce soit au niveau de l’histoire de la photographie, des techniques de stockage, de digitalisation, d’exposition et aussi de prise de mesures urgentes, mais aussi d’ateliers pratiques sur par exemple comment fabriquer son propre cadre ou son unité de stockage, en respectant les standards internationaux. Plus de 66 personnes de 18 pays ont participé à ces sessions de formation depuis 2009.

Un annuaire en ligne a aussi été créé par trois chercheurs en Afrique du Nord, au Golfe et au Proche-Orient, pour identifier les différentes institutions disposant de collections de photographies, et continue d’être mis à jour en continu depuis. « Il s’agissait de visiter, rencontrer les personnes impliquées, voir leurs besoins pratiques et ce qui est vraiment là, explique Noor Saghir, chef de projet du MEPPI et collaboratrice de la Fondation Arabe pour l’Image. Mais en général, l’initiative vise à renforcer les compétences et les capacités dans la région, ainsi qu’à sensibiliser à l’importance de la préservation de la photographie. Il est essentiel pour nous de s’adresser également au grand public, en attirant son attention sur les moyens multidisciplinaires dans lesquels la préservation de la photographie peut être pertinente, que ce soit au travers de pratiques artistiques, de projets scientifiques, ou d’autres initiatives sociales. »

Grâce à un financement plus important du Getty Conservation Institute et de la Fondation Andrew W. Mellon, l’initiative met actuellement en place des ateliers plus avancés et intensifs, réservés seulement aux participants des anciens ateliers. « Ce sera plus particulièrement sur les techniques de digitalisation, d’exposition et de stockage des photographies. Nous ne sommes pas là seulement pour donner des cours, mais aussi pour assurer un suivi et permettre une réelle évolution. » En 2017, un symposium permettra de réunir tous les acteurs du projet, ainsi que toutes les personnes impliquées dans la conservations de photographies dans la MENA, afin de traiter de l’héritage photographique de la région et des moyens à disposition pour améliorer sa protection et sa visibilité, en établissant des priorités de besoins, mais aussi de moyens.

« En fait, nous sommes là pour éveiller les consciences sur le patrimoine photographique de la région, car de nombreuses collections ne sont pas bien gérées, et pour donner des outils aux chercheurs pour savoir quelles archives sont disponibles à l’heure actuelle, résume Noor Saghir. C’est l’un des plus grands projets de la Fondation arabe pour l’Image. » Au Liban, sont impliquées dans les cours des personnalités d’AUB, d’An-Nahar, de l’USJ, du Centre d’Information Sar Al Hayat, de l’Institut des Études sur la Palestine, du ministère du Tourisme, du Musée National, et de la Collection Fouad Debbas.

Florence Massena