Du 18 juillet au 20 septembre, lors du Lebanon Water Festival, des cours et compétitions maritimes vont animer la côte libanaise, du Nord au Sud, jusqu’à atteindre les montagnes. Initiative sportive et ONG, lancée en 2012 par Annette Khoury et son père, cette histoire de famille a réussi à conquérir des centaines de personnes, au Liban et à l’international, avides de découvrir, de se dépasser, mais surtout de s’amuser.

Le lancement du Lebanon Water Festival tient au constat que font Annette Khoury et son père du peu d’activités maritimes disponibles au Liban, alors qu’elles fleurissaient avant la guerre. « Nous souhaitions ramener les gens vers la mer au Liban, leur en rouvrir l’accès, et leur donner l’opportunité d’accéder aux sports d’eau, explique Annette Khoury. Il est vrai que la côte est parsemée de blocs privés, mais nous sortons de ces zones, afin de donner l’accès au plus grand nombre. » Le Liban, connu pour ses festivals estivaux, n’est cependant pas réputé pour ses activités sportives. Il s’agit donc, ici, de ramener le pays sur la carte du tourisme international au travers des activités maritimes, « qui ramènent un différent type de touristes, en famille et de bonne humeur, qui vont respecter l’environnement et apprécier la beauté des lieux ». Pour mieux faire, cette année, l’ONG s’est associée à la chaîne Eurosport pour l’établissement d’un plan de communication en 20 langues dans plus de 137 millions de foyers dans 54 pays, grâce à l’appui du ministère du Tourisme.

L’environnement est aussi au programme du festival, avec un accent sur la dépollution de l’eau : « Plutôt que d’en parler comme d’un problème, on met les gens dans l’eau ! Grâce à une forte relation avec les municipalités concernées, les locaux peuvent être sensibilisés, ce qui est très important pour que les choses bougent. » Durablement. Car la pérennité des activités et du dynamisme local est au cœur du projet, rappelle Annette Khoury. « Nous sommes constamment sur place à travailler avec les gens, afin de développer le savoir-faire et les connaissances sur le domaine maritime. Quand le festival aura pris fin, le but est que nos structures ne tombent pas à l’eau ! » Par exemple, l’ONG s’appuie, lors des événements sportifs, sur des réglementations et des normes de sécurité internationales, que les gens les aidant sur place apprennent. « C’est comme ça qu’il faut faire si l’on veut que cela devienne quelque chose d’ampleur locale mais aussi internationale. »

Chaque événement sportif est adapté à l’endroit dans lequel il se passe, en fonction de la configuration et de l’état des lieux. « Par exemple, pour les compétitions de photos en plongée, si on veut les rendre accessibles aux débutants, on va aller dans les ruines phéniciennes de Tyr car elles sont peu profondes et la visibilité est très bonne à 10 m. Mais pour les autres, ce sera plutôt Byblos, avec des ruines à partir de 22 m de profondeur. » Un souci d’organisation apprécié des professionnels venus de l’étranger, qui viennent plus nombreux chaque année. De Turquie, d’Égypte, d’Argentine et même du Portugal, de nombreux sportifs s’inscrivent dans les compétitions, notamment de voile, de plongée, etc. « Mais bien sûr, des cours sont proposés aux débutants, et les compétitions sont ouvertes à tous les niveaux, rassure l’organisatrice. C’est très amateur et, malgré le nombre de règles, le but est de s’amuser ! »

Cette année, malgré une communication pour le moment encore prudente, et la volonté de solidifier la base avant de s’étendre, l’engouement est là. « Notre plus grande victoire, c’est de voir qu’en trois ans, les gens n’ont plus peur de se rendre à Tyr, et que la municipalité se soit réellement engagée dans la protection de l’espace maritime, au travers notamment de restrictions sur la pêche à la dynamite, ou encore la protection des tortues. Nous, on informe, on montre, on fait découvrir, plutôt que de protester. » Pour découvrir, donc, rendez-vous le 26 juillet avec la première compétition, une course de jet ski au Four Stars Resort dans la Baie de Ghazir.

Lebanon Water Festival, jusqu’au 20 septembre un peu partout au Liban.

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Florence Massena