La salle Montaigne de l’Institut Français de Beyrouth accueillera jeudi 18 février à 20 h 30 le groupe Oumi pour une soirée musicale et solidaire. Intitulé « Un concert pour la paix : Mélodies sans frontières », ce spectacle de musique orientale contemporaine est l’occasion de présenter l’association Yalla ! Pour les Enfants, initiatrice de cet événement dont les recettes serviront intégralement sa cause : scolarisation de tous les enfants et construction de la paix.

Association française, Yalla ! Pour les Enfants a vu le jour au cours de l’été 2013 en réponse à la crise humanitaire provoquée par le conflit syrien. Militante de la première heure, Charlotte Bertal a initié l’élaboration à Aley (Mont-Liban) d’une école informelle ayant pour objectif de remettre les enfants réfugiés syriens déscolarisés sur le chemin de l’école. En dépit de ses obligations professionnelles, la jeune Française s’efforce de pérenniser ce projet qu’elle continue de superviser, auquel s’ajoute une dimension interculturelle. Excluant toute considération politique ou religieuse, Yalla ! Pour les Enfants prône en effet, que ce soit au sein de l’école ou en dehors, le dialogue entre les différentes communautés présentes au Liban, contribuant de ce fait à la prévention des conflits communautaires et à la construction d’une paix durable. Encadrés par une équipe d’enseignants efficaces et impliqués – pour la plupart également syriens – les enfants réfugiés implantés aux alentours d’Aley reprennent goût à une scolarité qui donne la part belle au respect, à l’échange et à l’écoute. Quelques volontaires libanais et internationaux interviennent également au sein de Yalla ! Pour les Enfants depuis la première année, développant avec les jeunes des activités socio-éducatives, sportives ou artistiques, tout en les initiant aux cultures dont eux-mêmes sont issus. Ainsi Oana-Maria, de nationalité roumaine, dirigeait-elle l’année dernière un atelier théâtre des plus épanouissants tandis que Helen, Anglaise, organisait des activités ludiques autour d’un conte pour enfants qu’elle avait elle-même écrit et illustré. Cette année, deux étudiants de l’IFPO (Institut Français du Proche-Orient) assistent chaque semaine la professeure de français, une volontaire libanaise, et un atelier cirque devrait bientôt voir le jour, à l’initiative d’un étudiant de l’USJ cette fois, lui aussi de nationalité française.

C’est au cœur de cette dimension interculturelle que s’inscrit le concert solidaire que donnera jeudi 18 février le groupe Oumi dans la salle Montaigne de l’Institut Français. Ce collectif réunit en effet pour l’occasion une troupe de musiciens d’horizons divers. Mohannad Nasser, virtuose du Oud, la flûtiste de renommée internationale Nobuko Miyazaki, et le pianiste Christopher Ibrahim nous feront voyager de la Syrie proche au lointain Japon, bousculant les traditions musicales orientales en les entremêlant et les enrichissant d’influences occidentales et modernes. L’Oud et la flûte traversière se répondront, enthousiasmés par les percussions orientales de Rami Aljundi et la contrebasse de Ruedi Felder, le piano venant admirablement ponctuer cette conversation polyphonique inédite. Une initiative également soutenue par Nadi Lekol Nas, association culturelle libanaise qui soutient et promeut les productions artistiques du Liban et du monde arabe.

Une grande soirée inédite de musique orientale contemporaine riche de sa diversité, mise au service des enfants, du dialogue et de la solidarité, le tout à un prix très abordable (30 $, 20 $ pour les étudiants) : rendez-vous le 18 février à 20 h 30 à l’Institut Français.

Paul Jouanny