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Du 28 novembre au 28 février à l’Artheum, l’exposition “Out to sea? The plastic garbage project” va tenter de sensibiliser les Libanais aux dangers des déchets plastiques jetés dans la mer. Sous le patronage du ministre de l’Environnement, en collaboration avec le Musée du Design de Zurich et financé par la Fondation Drosos, l’événement a été organisé au Liban par la ligue IndyAct.

“Out to sea? The plastic garbage project” est la première exposition de plastiques extraits de l’eau, et va être présentée partout en Europe, ainsi qu’en Égypte, au Maroc, en Jordanie et au Liban. Il aura fallu six mois et deux campagnes de collecte sous-marine à une équipe de plongeurs, au large de Tyr et à Nahr el Kalb, pour réunir les déchets présentés à l’Artheum. « Pendant ce temps, nous avons organisé dans ces lieux des discussions pour présenter aux habitants les dangers du plastique », raconte Layal Nehme, directrice d’IndyAct. « Nous avons également développé un programme pédagogique à l’intention des élèves et étudiants qui vont venir visiter l’exposition, mais il est prévu de se rendre un peu partout au Liban dans les écoles afin de le présenter. Durant ces trois mois, il y aura des panels de discussion avec des universitaires afin de réfléchir aux moyens à notre disposition pour réutiliser, recycler et réduire les plastiques que nous utilisons au quotidien. »

Le projet, né à Zurich il y un an à la Fondation Drosos, a vocation à informer et éduquer sur cette manière, utilisée au quotidien et pourtant si néfaste pour les fonds marins, et le résultat de cette mobilisation internationale est frappant. Dans les locaux de l’Artheum, une montage impressionnante de déchets, issus des collectes sur la côte libanaise, présente aux visiteurs pneus de voiture, boîtes de labneh, bouteilles d’eau, jouets, portables, filets de pêche, vêtements, et bien d’autres preuves de la négligence humaine. « Quand on voit tout ça, on se dit qu’il y a vraiment un autre monde sous l’eau », commente Layal Nehme. « Ce qui m’a le plus choquée, c’est la quantité de déchets médicaux, comme du sérum et des équipements pour les dialyses. » L’exposition comporte également des panneaux explicatifs des matières composant le plastique et leurs effets, ou encore sur le cycle de vie des matériaux, des vidéos animées sur les comportements à risque ainsi que sur les mouvements des déchets à échelle internationale, des documentaires, des photographies, notamment ce que l’on peut trouver dans l’estomac d’oiseaux marins, des œuvres d’art, des croquis, des schémas… Qui ne peuvent que heurter le visiteur, témoin volontaire des néfastes que subissent les océans. Des alternatives sont proposées aux curieux qui souhaiteraient changer leurs habitudes de consommation, en montrant des objets plus respectueux de la planète, des pulls aux soins du corps en passant par les sacs de livraison ou encore les biberons. Dans l’esprit pédagogique de l’initiative, de nombreuses salles de jeux sur le thème de la mer et de l’environnement sont dédiées aux enfants, ce qui devrait les divertir tout en leur apprenant à trier leurs déchets ou à ne pas les jeter dans l’eau.

Informer, mais aussi agir

Au Liban, l’idée de pouvoir trier ses déchets est tentante, mais malheureusement peu réalisable pour le moment à l’échelle nationale. Alors, que peut-il être réalisé pour que la campagne mène à des résultats probants ? La directrice d’IndyAct, ligue fondée en 2006 par trois activistes indépendants soucieux des changements climatiques, des déchets et du mercure, estime qu’il faudrait désormais passer aux actions concrètes : « Nous avions l’habitude de réaliser des campagnes de plaidoyer et de lobbying pour l’environnement, ” Out to sea? The plastic garbage project” est notre premier projet de conscientisation. Nous sentions le besoin d’être plus efficaces ! Après ceci, quand les gens seront plus au courant, nous avons prévu de chercher des solutions et des actions afin de faire avancer le problème de manière concrète au Liban. »

Aujourd’hui, elle attend le soutien du ministère de l’Environnement, « pas seulement à propos du plastique, qui reste la matière la plus dangereuse, mais sur les déchets en général ». Layal Nehme, en attendant, souhaite que la campagne touche le plus de gens possible, que ceux-ci se sentent engagés, « afin qu’ils nous soutiennent et que la situation avance ».

Pour découvrir l’univers d’IndyAct :

Capture indyact

“Out to sea? The plastic garbage project”
Du 28 novembre 2014 au 28 février 2015 à l’Artheum, Art Lounge

Florence Massena